Après quatre mois de tolérance, les vélos sont à nouveau indésirables aux heures de pointe sur le plateau piétonnier messin. A titre expérimental, depuis le 2 mai et jusqu'au 31 août, ils étaient autorisés à circuler dans une vingtaine de rues piétonnes du centre-ville, entre 11 heures et 18 heures, dans le sens de circulation prévu pour les livraisons. Les deux rues les plus passantes étaient restées interdites.
J'ai mis fin à l'essai, constatant un manque total de bonne volonté , a tranché Jean-Marie Rausch, le maire (div. droite) de Metz. "Dans une grande proportion, les cyclistes n'ont pas respecté la réglentation mise en place cet été, a-t-il déclaré lors de la séance de rentrée du conseil municipal . Rien qu'au mois d'août, sur les 2 671 cyclistes comptabilisés dans la zone piétonnière, plus de 1 000 étaient en infraction. Je me refuse à mettre en danger la vie des piétons."
Une cinquantaine de cyclistes sont verbalisés tous les mois, majoritairent pour circulation en sens interdit. La position de la municipalité désespère les usagers du deux-roues. "Le maire déraille" , ironise l'un d'eux. "Les raisons qu'il invoque laissent rêveur" , souligne, pour sa part, Jean Richard, président de l'association Metz à vélo. "Je n'ai pas le sentiment de faire peser une menace sur mes concitoyens ."
L'opposition municipale, qui compte quelques inconditionnels de la petite reine, n'a pas tardé à s'en mêler : "Metz est sans doute la seule ville en France où l'on distribue des PV aux cyclistes", fulmine René Darbois, conseiller municipal (Verts). "A l'heure où le prix de l'essence flambe, le maire serait bien inspiré d'encourager les modes de transports alternatifs, plutôt que de les réprimer".